mardi 11 mars 2008

Sabine

La suite me sera racontée par Sabine plus tard ; il faut présenter Sabine.
Je l'ai tout de suite remarquée. Elle est très brune, avec un visage très typé : on dirait une peinture italienne du quatroccento, mais pas un Botticelli. Elle a un visage ancien, carré, encadré de cheveux très noirs, et des yeux très noirs dans une peau laiteuse. Elle est toujours en pantalon, Kickers, pull, elle a son troisième fils vissé à la hanche, elle parle fort, et ses yeux passent, brûlants comme des braises, sur tout, sur moi, entre autres.
Elle est mariée à un Irénien et je me rends compte que c'est sous son influence que j'ai écrit ma typologie des gens. Elle y correspond parfaitement.
Elle s'est méfiée de moi, dès le début, mais a été fascinée ; elle m'a agressé, mais je me suis laissé faire, parce que je savais, enfin je sentais que son agressivité n'était pas méchante. Ou plutôt : elle m'agressait, mais ce n'était pas moi qu'elle visait - mais elle. Je ne le sentais pas à l'époque, mais je ne me sentais pas menacée par elle. Elle était cousue de fil blanc. Elle avait épousé un arabe et ne s'en remettait pas. Avant qu'on le lui dise, elle balançait. Totalement incohérente. Elle m'a dit de ses fils, certains jours, qu'ils avaient des noms arabes, en insistants, et qu'ils étaient musulmans, alors qu'elle n'était pas catho - pas croyante. Elle laissait croire à son mari qu'elle avait de la religion, parce qu'il ne concevait pas qu'on n'en ait pas (il ne le concevait pas - il adorait que je lui parle de religion). Elle se détestait de laisser croire à son mari qu'elle avait de la religion. Elle disait que ses fils n'avaient pas le type arabe - hein? me disait-elle -pas du tout, non? Définis le type arabe, disais-je, et elle s'énervait : enfin tout de même, on voit bien que c'est des petits français!!!
Elle était sérieuse, responsable, et pleins d'illusions de toutes sortes. Je me disais que lorsque je quitterai le pays, je l'appellerai et je lui dirais des tas d'horreur, ce que je pensais de sa façon d'élever ses enfants, de se cacher pour fumer, même devant ses fils, sinon ils l'auraient dénoncé à son mari - il ne faut pas imaginer qu'il aurait pris des mesures inacceptables, non, ils auraient eu d'interminables débats qu'elle ne souhaitait pas, son mari était un rhétoricien retors, et elle voulait avoir la paix, alors elle se cachait. Il ne fallait pas dire qu'elle se cachait. Je veux dire, pas à elle. Elle n'admettait pas qu'elle se cachait, mais c'est elle qui me l'a dit.
Donc, je croyais que je la détestais. Ou méprisais. Je me disais qu'elle se comportait envers moi un peu comme un pervers narcissique.
Elle me racontait des trucs sur sa vie, et je ne réagissais pas comme "les françaises" alors elle m'en racontait d'autres et ça lui faisait bizarre, peut-être du bien, de se voir par mes yeux.
Il est facile de déduire qu'elle est/était mal dans sa peau, ou raciste, ou complexée. Mais c'est une vraie personne, tiraillée par des sentiments plus extrêmes que d'autres, mais une vraie personne.
Elle avait des problèmes avec son deuxième fils. L'aîné, d'après ses dires, était planant : je trouvais, moi, qu'il avait une façon de faire semblant d'être ailleurs, qui confinait à la fausseté. Bien que très poli, il ne me regardait pas dans les yeux (en cours), et, lorsqu'il avait fait une connerie, la niait, souvent contre l'évidence. Le troisième, en classe avec mon fils, se vantait des ses bonnes notes. oh, je dis tout dans le désordre ! car Sabine se devait d'avoir des fils excellents en classe. Il était donc assez fier de lui.
Le deuxième était malade, il avait des problèmes de santé de tout ordre, ce qui ne l'empêchait pas d'être un brillant, très brillant élève. Pas toujours très agréable en cours, mais une de ces intelligences fulgurantes, rafraichissantes, que l'on apprécie terriblement. Ses maux, réels, étaient étranges, mais vraiment étranges ; certains livres de psychologies et le souvenir de ma mère m'ont fait m'interroger sur le lien, dans le domaine de la santé, entre le corps et l'esprit. ma mère, par exemple, était malade, et parfois, lorsqu'elle parlait d'elle, on aurait cru que sa fonction, sa profession était d'être malade. Elle parlait de la maladie et des médecins en professionnelle.
Cet enfant rejetait violemment sa famille. Selon sa mère, car je n'ai jamais assisté à de telles scènes, jamais, mais il faut dire que je fréquentais peu Sabine, même si nous nous téléphonions, il était en révolte et en rejet perpétuel, et entre autre contre son père, à qui il hurlait (selon sa mère) "j'aime pas les arabes", ce à quoi le père répondait avec peu de dialogue et plus d'actions. Les scènes que me racontait, par téléphone, Sabine, étaient terribles. A une certaine époque, elle m'a dit, avec des larmes dans la voix, qu'elle avait parfois souhaité se débarrasser de lui (elle parlait de pension, mais cela sonnait très intense), tant le problème qu'il présentait à la famille était énorme. Il pourrissait, selon elle, la vie de tout le monde. Quand elle me parlait de lui, j'étais totalement sur une autre longueur d'onde et je lui disais mon admiration pour son fils, qui résistait à tout : au rejet de sa mère, aux coups de son père, à ses maladies. Je n'ai assisté qu'à une seule scène -il était allé à un anniversaire et il avait oublié de se faire une injection. J'ai vu le stress monter chez Sabine, un stress que je connais bien, je l'ai ressenti comme le stress d'une mère qui a voulu, par fatigue, faire confiance à son fils et à son mari , qui prend conscience de l'échec de cet essai, du risque de santé encouru par son fils, qui panique, s'en veut, en veut à son fils et se met à hurler. L'enfant était petit, fragile, se tenait tête baissé devant elle, et murmurait : "je le ferais plus, maman..." C'était une scène profondément pathétique. Elle a hurlé, fait les vérifications, je l'ai vu se tétaniser, avoir la chair de poule, lancer son stress très violemment sur son fils, en paroles, puis se rassurer, tendre la main vers lui, qui s'écartait imperceptiblement, comme pour refuser subtilement le geste d'amour de sa mère, qui du coup le renvoyait brutalement dans sa chambre. Moi je suis toujours collée à mes enfants, le nez dans leur cou, à leur dire qu'ils sentent bon et que je les aime, cette scène me prenait au ventre.
Sabine emmenait cet enfant chez un psy, et me permettait de vérifier la phrase d'Eddie, dont je parlerais plus tard : ma mère m'envoyait chez le psy pour soigner ses problèmes.
Au début de la maladie de son fils, Sabine se refusait à utiliser les ressources médicales françaises ; on habite dans le tiers monde, on soigne comme dans le tiers-monde, disait-elle. La conséquence était que les piqures se faisaient avec de grosses seringues ; les bras de son fils étaient pleins de bleus. Quand elle me disait cela, je lui soufflais qu'elle avait tort, mais mon souffle n'avait pas de poids sur elle. Surtout que, c'est difficile à expliquer, mais elle n'avait besoin que de mes oreilles, elle n'écoutait pas ce que je disais, ou du moins elle ne me croyait pas. Donc, comme j'étais affaiblie, à tort, par la violence de ses paroles, je ne trouvais pas la force de hausser le ton et de lui dire "Arrête, ne déconne pas, va en France et soigne ton fils correctement." J'ai ce défaut d'être pétrifiée par les gens, par leur violence, ou leur mal-être, et de ne pas savoir comment y faire face. Il faut contre attaquer en fonçant. Mais je ne savais pas. Quand elle me disait (c'est-à-dire se disait : "je veux soigner mon fils avec les médicaments que l'on trouve ici, je veux ne compter que sur les ressources locales"), la violence contenue dans ses propos me coupait la force de répondre. mais d'autres, je ne sais qui, régirent plus vivement et la convainquirent, et elle utilisa des instruments et des produits achetés en Europe. Elle avait l'impression de tricher, au début, je crois, par rapport aux enfants du pays, mais ça lui est passé.
Rétrospectivement, je m'en veux : j'aurais du lui dire, ne pas rester molle, et soufflée par le choc.
DOnc, je croyais que je la détestais.
Mais quand je lui ai dit que je partais elle a pleuré. ça m'a stupéfié. Elle a pleuré une première fois au téléphone. Elle m'a dit : A qui vais-je parler?" Je n'ai pas su quoi lui répondre. J' avais l'impression de me prendre des tempêtes de rages en pleine figure, et je ne savais pas qu'elle avait envie de parler.
Elle a pleuré une deuxième fois devant tout le monde, dans un anniversaire. J'étais très gênée. Moi, j'étais contente de partir, et je savais qu'elle ne me manquerait pas.
ELle a pleuré une troisième fois dans un réunion parent-prof, juste une larme et les yeux brouillés, je ne savais que lui dire.
Elle qui avait (ah, ah, ah) "choisi de ne pas travailler pour élever ses enfants" et qui en était bien sûr parfaitement heureuse, un jour elle me dit ceci, au téléphone : " Zélie, aujourd'hui c'est mon anniversaire et aucun ne me l'a fêté, aucun" (elle voulait dire : ni son mari ni ses enfants). Je lui demandai si elle croyait que la reconnaissance était automatique? je lui dis qu'en les gâtant comme elle les gâtait (en fait je pensais "servant" en disant gâtant), à quoi s'attendait-elle?
Eh bien !!!!! au jour d'aujourd'hui, moi je suis à la maison, et elle travaille. Elle travaille depuis septembre.

Ce post a été confus. Mais Sabine est un immense sujet, il faudra que je reparle d'elle.
Elle aime ses enfants, mais avec rage.
Son mari trouvait que j'étais (je cite et je jure que c'est vrai) "un ange". Moi qui connait mes sentiments ambivalents envers elle, ça m'avait perturbé. Il y avait une raison à ça : je leur avais rendu des services. Mais ce qualificatif mélangé à mes sentiments me culpabilisait. Mais les gens me trouvent en général sympa, je veux dire plutôt très sympa. En fait, je masque tous mes sentiments, car si je les révélais je ne pourrais plus avoir de relations sociales, tant je suis affreusement critique.

Son deuxième fils va bien, et ne va plus chez le psy. Apparemment ça se normalise.

Je ne sais toujours pas si je l'aime bien ou pas. Ecrire ce post m'a tétanisé.

15 commentaires:

M1 a dit…

Zélie, je lis tes posts via mon mail RSS, je les dévore comme une vraie histoire, je reviens parfois sur des anciens épisodes. Je n'ai rien a dire dans les comments, je dis simplement merci et Bravo!

Pablo*NSN a dit…

Presque tous tes personnages semblent tellement "torturés"... (Différemment que ceux de Bergman, pourtant). (Je dis pourtant parce que plusieurs de tes lecteurs –y compris moi– voient souvent ton récit comme un film).

Peut-être tu ne devrais pas masquer autant tes sentiments ? En fin de compte, j'ai l'impression que Bergman avait une vie sociale malgré tout...

Anonyme a dit…

Mais je ne masque pas mes sentiments?

Anonyme a dit…

Je ne les masque pas. mais je ne les connais pas. je ne sais toujours pas ce que je pense d'elle. je ne sais pas, c'est vrai.

Anonyme a dit…

Ah, j'ai compris. je suis bête, c'est moi qui le dis. ùmais enfin ,pablo, tu ne poeux pas vivre au milieu de gens et leur dit que tu penses qu'ils sont tous cons? En plus c'est quand même subjectif, et surtout prétentieux : je suis qui pour la juger, moi. je la juge, enfin je sais qu'elle m'énerve ; mais moi, je peux partir, je peux agir sur ma vie. Elle, elle est pied et poing liés à sa vie. certes, elle l'a voulu, mais tout de même , je suis qui pour juger de ses motivations? Cela me gêne, débarquer au milieu des gens et leur dire : vraiment, vous avez une vie nulle et vous vous prenez la tête pour rien.
En plus, j'ai, enfin j'avais une vie sociale. Tout dépend de ce que l'on appelle une vie sociale. j'étais invitée à des soirées plus ou moins mondaines (localement) et j'y allais.
maintenant aussi, et pourtant je ne suis pas là depuis longtemps.
Et là, une fille dont je n'ai pas encore parlé vient de m'envoyer trois ou quatre mails coup sur coup, et je suis sûre que c'est parce qu'elle sait où mon mari va travailler et que ça fait bien. Donc je crois, on verra, que je vais toujours avoir une vie mondaine. Mais qu'est-ce qu'une vie mondaine? (A part le champagne et les bougainvillers, l'été, au bord d'une piscine, qui sont incontournables, finalement). c'est dire bonjour, sourire, pousser des cris "machins !!!!". c'est assez intéressant sur le plan de l'observation mais c'est vide.
Et j'en reviens à la même chose : Sabine est malheureuse. Moi, je gère plus habilement ma vie. dois-je vraiment le lui balancer au travers de la figure? J'ai eu de bons rapports avec elle, j'ai appris des trucs, elle m'a rendu service, et je n'ai pas été méchante. je n'ai pas fait ma française. Enfin pas trop.

Anonyme a dit…

Quand je dis pousser des cris machions, je fais référence à ce qui se passe quand tu voi quelqu'un que tu n'as pas vu de puis longtemps.*
Tu es là, mettons, au bord de la piscine, la flûte à la main, et tout d'un coup, machin s'approche. machin t'ennuie, mais tu es chez truc, et tu ne peux pas dire "merde !!! voilà l'autre con!!!". Donc, tu dis "Machin!!!! " d'un air super content et vous vous parlez, de trucs qui ne t'intéressent pas, il te raconte sa vie et tout ça, et , la coupe à la main, tu l'écoutes en hochant la t^te comme si c'était intéressant.
C'est ça, la vie sociale.
Mon mari m'a dit que je devenais asociale. c'est mal.

Anonyme a dit…

Il est terrible ton billet Zélie, je ne sais si c'est ton billet ou ta façon de percevoir ses gens, mais sa lecture m'a aussi tétanisée, comme toi son écriture.
Il y a matière à un formidable roman là-dedans.
Ca me fait penser à Albert Memmi, je crois que c'est La statue de Sel: tu connais ? sur les relations entre anciens colonisés et Français.

Anonyme a dit…

Et au fait le chocolat ? Il doit être dnas les cartons sûrement.

Anonyme a dit…

Ada : je ne connais pas du tout, mais ça a l'air intéressant, je vais essayer de le lire. J'espère que je ne suis pas trop dure avec Sabine. Elle m'a fait de petites vacheries, au début, mais je ne lui en veux pas. Enfin je ne crois pas.

Anonyme a dit…

Il me semble que, dans ces mariages entre descendants de colonisés/colonisateurs, c'est un peu à sens unique. Je veux dire que la plupart du temps, comme par hasard, se sont des femmes européennes qui épousent un arabe, ou autre, et vont s'installer dans le pays du mari, très rarement le contraire.

Je pense que le fait que les femmes sont socialisées comme inférieures à l'homme dans le cadre du patriarcat, elles éprouvent le besoin de "soigner", guérir. En somme, dans les cas de figure que tu décris dans le cadre de pays arabes et musulmans, ce sont elles qui font les frais de l'intégration.

Pour ma part, je résous l'équation de la façon suivante: ce ne sont pas les femmes qui ont décidé la colonisation, puisqu'elles n'ont pas, n'ont jamais eu le pouvoir politique. Elles n'en portent donc pas une grande part de responsabilité. Et si elles regardaient les choses avec plus d'objectivité, elles comprendraient qu'elles n'ont pas à "soigner" ni à faire les frais de quoi que ce soit pour la "guérison". Elles prendraient alors les ex-colonisés pour ce qu'ils sont: des machos, et elles se garderaient bien de s'embarquer dans des aventures qui ne peuvent leur réserver que de la douleur et des larmes la plupart du temps.

Anonyme a dit…

Bon, je vais rebondir sur le commentaire, puisque j'ai vu zzélie que tu revenais sur la question des mariages mixtes.
En france des études de socio ont montré que quand une française épouse un immigré ou un fils d'immigré, il y a très souvent une "promotion" sociale qui s'opère.Pour résumer, ce sont des ouvrières ou des employées qui épousent un homme immigré ou issu de l'immigration mais supérieur à leur condition sociale à elles.
Ca laisse songeur non ? J'imagine la complication des relations affectives... L'amour dans tout ça ? ah l'amour.. a bon dos.
>Etait-ce le cas chez Sabine aussi ? Ou la question se pose-t-elle différemment quand on quitte la France ?

Anonyme a dit…

Ah oui? Eh bien, là bas, non, attends je vais y réfléchir. Sabine est d'une famille bourgeoise, disons petite bourgeoisie. Révolte contre ses parents, et des difficultés de communications hallucinantes. Son mari a fait des études supérieures, mais pas elle : mais elle les a commencé, et interrompue pour se marier.
En revanche, son mari est d'une famille populaire, et d'ailleurs Sabine ne fréquente presque pas sa belle-famille, qui habite tout près. De temps en temps, son mari y allait avec les enfants, mais les enfants n'aiment pas y aller (ça c'est vrai, je les ai entendu le dire) parce qu'ils sont trop arabes (ça c'est Sabine qui le dit - il faut savoir que de toute façon la plupart des élèves de l'école française se considèrent comme des français, toutes origines confondues, sauf les Etrangers Tiers, Allemands Belges, etc).J'ai déjà entendu les enfants de Sabine se moquer des Arabes, et pas gentiment, le plus virulent étant son deuxième fils. Les Arabes, ce sont les Autres, ceux de l'autre côté de la grille de l'école.
Je ne ferais pas de Sabine une généralisation.
Selon moi, les choses sont plus simples : quand les enfants de Sabine ou de l'école disent arabes, ils pensent pauvres (comme je l'ai dit, un arabe riche est un riche, mais un arabe pauvre est un arabe). Donc les enfants de Sabine doivent trouver leur famille paternelle trop popu, trop plouc.
L'amour a bon dos, mais je suis sûre que Sabine a été très amoureuse de son mari. Dans ce cas précis.

Anonyme a dit…

Pas trop d'accord avec ce que dit Ada, et je ne sais pas de quelles études de socio elle se base.

Les cas de figures peuvent etre très différents mais dans l'ensemble ils présentent une constante: les femmes françaises (ou européennes) y sont plutot perdantes.

Anonyme a dit…

Bon, mais moi, ce que je veux éviter, ce sont les généralisations.
Le sujet des couples mixtes est glissant. D'ailleurs tout le sujet est glissant.
Je ne veux pas faire de la théorie. Le cas de Sabine n'est pas hyper représentatif. Ni celui de la Suissesse, j'en ai parlé dans un autre fil de commentaires.
Avec ce que j'ai vu, je serais bien en peine d'établir des règles, quelles qu'elles soient.
Par exemple, j'ai rencontré pleins de femmes qui portaient la culotte, à commencer par celle de Farid, dont je parlerais plus tard - incontrôlable.
Il n'y a pas de cas représentatifs, c'est ce que je me dis. Je n'arrive pas à faire rentrer les gens exactement dans des cases, la vraie vie est trop compliquée.

Anonyme a dit…

Bien-sûr tu as raison de ne pas faire du cas de Sabine une généralité. C'est juste un exemple, ok, mais très parlant.

D'autre part, ce que Zzélie dit de la confusion arabe/pauvres est signifiante. En France aussi, les discriminés le sont finalement beaucoup plus en raison de origines sociales populaires que de leurs origines "ethniques". Je ne nie pas bien -entendu que le racisme existe, mais à couleur de peau identitique, on a largement plus de chances de s'en sortir si on a des parents médecins, avocats ou ingénieurs...

Lory, je crois que nous parlons de deux choses différentes, je ne connais pas ni n'ai jamais rien lu sur le milieu des expatriés. Mais tu as raison, j vais citer mes sources, elles datent un peu, mais je ne suis pas sûre que la situation ait tant évolué. Je faisais référence notamment à une étude de Saïd Bouamama, publiée en 1995, dans Familles Maghrébines de France, où étudiant les mariages mixtes il constate comme toi que le mariage mixte se fait plus dans le sens femme française/homme maghrébin (très difficile de céder à l'extérieur de la communauté celles que l'on considère comme l'honneur de la famille), et aussi donc, que ces mariages obéissent souvent aux critères dont je parlais plus haut, la française épousant un hommes maghrébin ayant une condition sociale supérieure à la sienne (études, métier, etc..)
D'autre part, je voualis dire que je trouve ton analyse intéressante, (les femmes françaises sous le manteau de celles qui soignent les meaux infligés par leurs colonisateurs de grand-pères)
mais ta formule "les femmes françaises y sont perdantes" est peut-être un peu lapidaire: il y a de nombreuses gratifications dans le dévouement (même si cela parait douloureux et bizarre de l'extérieur). Gardons-nous de juger Sabine...