mercredi 19 mars 2008

Les gens de la capitale

Le sur-comité, sis dans la capitale, se compose d'une petite vingtaine de personnes, régulièrement réélues, mais certains sont systématiquement réélus, d'autres sont renouvelées. Ceux qui prennent vraiment au sérieux le système sont surs d'être réélus :
  • d'abord, il y a des gens qui détestent ça, les comités, sur-comités, et qui, très vite, cessent d'assister aux réunions, parce que ça leur prend du temps, parce que ça les emmerdent, ou parce qu'ils ont des dégouts de jeunes filles parce que ça sent la politique
  • il y a ceux qui voudraient mais qui n'ont pas le temps
  • il y a ceux qui voudraient mais qui veulent tout changer bousculer nettoyer purifier et qui tapent dans la fourmilière, les naïfs, sans comprendre que tout le monde a besoin des autres pour exister
  • il y a ceux qui le font un peu, pour les bénéfices annexes, ou pour une raison précise (ils l'ont toujours faits, ils sont dévoués au système représentatif, ça les occupe, ils rencontrent les autorités locales)
  • et enfin il y a les AMBITIEUX
Pour les ambitieux, c'est très facile de se placer, à condition d'avoir un minimum de diplomatie et d'éducation.
Je reprends un peu pour qu'on se ressitue dans le contexte.
Une capitale. Un état qui entretient des, je cite "relations privilégiées", fin de citation, avec le France. Des autorités françaises qui entretiennent des relations bienveillantes, privilégiées et cordiales avec le pays en question, d'autant que le pays en question a donné naissance à une tripotée d'hommes politiques français, qui ont donc pleins de potes d'enfance là-bas, français ou pas. Tout le monde s'aime, c'est beau comme tout, il y a des associations qui promeuvent l'amuuur et le dialogue interculturel. Et, à l'occasion, leurs présidents. Qui ne reconnaîtraient probablement pas la culture si on la leur balançait à travers la figure, mais qui s'y connaissent super bien en marketing culturel, expo, vernissage, serrage de main, cirage de pompes et numéro de téléphone au MAE. C'est culturel aussi, si on y pense.
Bien.
Après, de l'autre côté de la mer, il y a la France. La France, sa choucroute, sa Tour Eiffel, ses présidents et ses institutions représentatives. Ah, qu'elles sont belles les institutions représentatives de la France. Parmi ces institutions représentatives, il y en a une qui permet d'élire des représentants des Français qui n'habitent pas en France. C'est bien, on est élu longtemps, on voyage beaucoup, on se fait plein de potes, tout le monde vous aime.
Il y a également, en France, deux associations, une pour les Français de gauche, une autre pour les Français de Droite, il y en a peut-être une pour les Français du centre, ou des bords, je ne sais pas. De toute façon, des Français du bord ou du centre, moi je veux qu'on me montre.
Nous dirons que l'une s'appelle AFG et l'autre AFD. Je précise que ce ne sont pas du tout des associations politiques, alors là, que nenni. Ce sont des associations de gens qui ont des "sensibilités", et il y a des "sensibilités" plutôt de gauche, et des "sensibilités" plutôt de droite.
Le truc, c'est que si tu as la nationalité française, tu peux être président local de l'AFG ou de l'AFD. Après, tu peux te présenter pour être représentant des Français pas de France. Si tu es élu, c'est top cool : voyages payés, plein de copains, pas qui te font des cadeaux parce qu'en France on n'est pas comme ça, mais les amis, on le sait, ça sert toujours. Enfin, parfois, on a des amis encombrants, mais bon.
Bien. Mais comment se faire élire à l'AFG ou D? (ce qui est déjà pas mal)
Il faut être une Personnalité Locale.
Si tu es personne, on ne t'élit pas. Pour être une Personnalité Locale, il y a plein de moyens. Je ne les connais pas tous. Le Culturel, c'est bien, c'est toujours bien. Mais il faut être un tout petit peu cultivé, assez, disons, pour faire semblant de l'être plus. La Culture, ça s'étale, mais quand on n'en a pas, c'est pas facile.
En tout cas, il y avait un moyen pour être une Personnalité Locale, c'était d'être le Président du Sur-Comité.
Ou, à la limite, membre du Sur-Comité. Dans le cadre du Sur-Comité, tu peux :
  • te réunir avec des Attachés culturels français dans le cadre de partenariats culturels dépourvu de tout intérêt, mais ça le fait
  • te réunir avec le Consul, les Attachés Culturel, les représentants iréniens de la Culture
  • Porter des Projets Fédérateurs
  • te réunir, si tu as de la chance, avec un, voire plusieurs ambassadeurs, dans la cadre de grandes thématique super importantes localement
  • être invité chez l'Ambassadeur, et crois-moi, c'est vachement mieux que la pub Ferrero Roche d'Or (Jardins + cuisinier français + champ = ahahah, sauf qu'il ne faut pas avoir peur de sourire et de serrer des mains)
Concrètement, tu ne fais pas grand chose, mais tu le fais culturel, français, visible, et tu deviens quelqu'un, à moins d'être vraiment nul.
Il y a plein d'avantages annexes : ça fait bien d'en parler dans les dîners en ville (lundi, je disais justement à l'Ambassadeur...), tu es invité à des tas de petits trucs, etc, bref tu deviens un Important, voire un Indispensable.
Après, il y a aussi le talent, si tu es vraiment très poli, très hypocrite, très souriant, ça peut-être le début d'une immense carrière de parasite de la République Française.
Bien.
Il y a donc pleins de gens qui sont intéressés.

2 commentaires:

Anonyme a dit…

Ah, tu veux dire ces comités théodules qui se souviennent de vous une fois tous les 7 ans pour les élections présidentielles? Enfin tous les 5 ans, maintenant... ça doit etre bien ennuyeux pour eux de devoir battre le rappel un peu plus souvent, bien que ça leur laisse quand meme encore de la marge pour leurs gorgeons culturels afin d'y traiter leurs petites affaires.

zélie a dit…

Oui, c'est ça, sûrement, ça n'est peut-être pas pareil dans tous les pays.