mercredi 19 mars 2008

Le Sur-Comité - Mansour

Relativement au Sur-Comité, je me consacrerai à l'équipe dirigeante de mon époque (car elle est révolue, eh oui, déjà, mon époque).

Le Président se nommait Mansour Bouchneb. C'était un très bel homme, charmeur, élégant, grand, petite cinquantaine, poivre et sel, belles mains, longs doigts genre nerveux et intelligents (des doigts à faire du piano...). Une belle voix, grave, posée, calme. Il avait un air toujours légèrement surpris, ce qui ne contribuait pas peu à son charme. Une candeur pleine de coquetterie à la Peter O'Toole dans What's new Pussy Cat? quand il dit à Peter Sellers que quand la lumière est bonne, il pense ne pas être dépourvu d'un certain charme (sauf que Mansour Bouchneb avait des yeux moins bleu et des cheveux moins blonds, naturellement). Il s'habillait dans le genre chic décontracté, jean et pull (mais le beau pull), Weston, etc. Grande famille, bonne famille, bonne éducation, école française, fac française, on est chez des gens bien : respect pour l'Irénie, mais on fait ses études en France, en s'abstenant élégamment de tout commentaire déplacé qui fâche.
La première fois que je l'ai vu, j'ai pensé à sa femme. Je me suis dit qu'un mari beau comme ça, moi je ne dormirai pas. Mais pas. En plus, beau comme ça, j'aurais aussi été amoureuse.
Mansour et sa femme avaient trois enfants, tous beaux, évidement, habitaient dans la banlieue chic de la capitale, une maison débordante de bougainvillers, comme toutes les autres, d'ailleurs, il était médecin, participait à colloques sur colloque, etc.
Du beau monde.
J'ai peu fréquenté Mansour, mais il semblait qu'il aient fait partie de la catégorie des ambitieux. En effet, il était membre émérite de l'AFG. Je dis bien G - ça peut surprend : mais l'AFD était monopolisée par un vieux monsieur, français d'Irénie, absolument charmant, mais indéboulonnable. D'ailleurs un transfuge de l'AFD avait créé une autre association, avec un nom dans le genre 'Amitiés transméditerranéenne", probablement dans le désir de concurrencer l'indéboulonnable vieux monsieur - en vain, je crois, je pense que l'unique solution était d'attendre l'issue fatale (je dis ça gentiment, j'ai rencontré ce vieux monsieur, il était charmant).
Et donc, forcément, suivant une tradition ancienne chez les populares, les optimates désireux de se faire entendre n'avaient plus qu'à transporter leur charmes et leurs bonne éducation chez les adversaires, en se mettant tout tranquillement au service du peuple. On ne fait pas autrement en France, je crois.
D'où la présence de l'élégant Mansour, représentant émérite de la gauche caviar locale (il y a de la gauche caviar partout, c'est effrayant). Mais beau, hein.

2 commentaires:

Pablo*NSN a dit…

Juste un commentaire pour me rappeler que c'est le dernier billet que j'ai pu lire pour l'instant ! Tu écris beaucoup en ce moment... !

Très belle la photo que tu as mise comme en-tête. Est-ce une photo d'Irénie ?

Au passage, je te souhaite un excellent Équinoxe de Printemps (et, du coup, un excellent Printemps)! :-)

Anonyme a dit…

merci Pablo !!! j'essaie d'avancer avant le déménagement.
Oui, la photo a été prise de chez moi, là- bas, un soir. J'avais une super jolie terrasse et le propriétaire était un fou des fleurs, il en mettait partout...