samedi 9 février 2008

Pause

Une petite pause due à une visite familiale et de mauvaises nouvelles. Ma soeur, dont je parle peu, et qui serait pourtant un incroyable sujet de roman, va toujours mal, mais elle n'ira jamais bien. J'évide depuis déjà longtemps de parler des derniers évènements la concernant, attendant le dénouement, et là nous en sommes au début du dénouement. Elle a sympathisé "pathologiquement" si je puis me permettre cette expression avec une amie à moi, de laquelle je me sens désormais fort lon : connaissant ma soeur depuis longtemps, elle aurait du résister à sa manipulation, mais elle s'est splendidement fait avoir, et ne l'avouera jamais (trop fière, ma copine). L'année dernière, mon amie et sa famille étaient la famille de coeur de ma soeur, des êtres merveilleux, heureusement qu'ils étaient là, pour remplacer l'indigente (affectivement ) famille de ma soeur. Elle ne tarissait pas d'éloges à leur sujet. Aujourd'hui, bien sûr, et comme je l'avais prévu, c'est la débâcle : ma soeur a décidé que leur fille était très malheureuse et veut la sauver ; pour se faire, elle se fait passer pour une ado sur MSN, et, avec plusieurs pseudo, se répand en ragot (type ado, c'est-à-dire : la fille en question va très mal, elle bascule dans la dépression, la drogue, elle va se suicider et personne ne s'en rend compte, sauf ma soeur...). Les copines ado de la fille de mon amie ont repéré ma soeur, mais elle a convaincu un ex-petit copain de la jeune fille en question... Histoire compliquée et sordide, du niveau d'une ado, mais ma soeur a plus de trente ans, elle est sous suivi psychologique (mais quitte ses psy dès qu'ils lui déplaisent), chômeuse depuis deux ou trois ans...
Il y a deux ans, j'avais écrit à mon amie une lettre où je l'avertissais du caractère destructeur de ma soeur, de sa façon de se glisser dans l'amitié des gens, en se faisant plaindre et en se présentant comme une victime, pour ensuite les honnir, les insulter et les rejeter avec des mots de haine (ce n'est pas la première fois, mais c'est la première avec une amie à moi).
Je sais aussi qu'elle va raconter à notre famille sa version de l'histoire, elle a déjà commencé (selon elle, la fille de mon amie l'a appelé pour lui faire part de son intention de suicide).
Je sais qu'ils vont tout de même accorder quelque crédit à son histoire. Car.... ma famille est une famille bien française.... et mon amie n'est pas européenne.... elle a un mode de vie un peu particulier, mi-français, car elle est arrivé en France ado, mi-pas européen.... alors déjà j'entends toujours, depuis toujours, des remarques sur son sens de l'hygiène, ses procédés éducatifs, ses procédés alimentaires (elle ne fait jamais de patates, ce qui donnait à ma mère l'occasion de se lancer dans de longues diatribes d'un niveau charmant sur le thème, elle habite en France, son mari est français, elle doit lui faire des patates, sinon, en gros, ce n'était pas dit comme ça mais c'est une mauvaise épouse, et pas une étrangère assimilée, et c'est quoi une étrangère assimilée, hein?bref...), son rapport à la religion.
ça va recommencer. Je le sais. Le racisme latent va ressortir.
Donc, je fais quoi?
Je prends la défense d'une amie qui m'a laissé tomber? (je peux devenir raciste moi aussi, peut-être, vous en pensez quoi? ce serait l'occasion?)
J'écoute et je ne dis rien? (c'est ce que je faisais avec ma mère ; ma copine passait sa vie chez ma mère, lui racontait sa vie, et ma mère me racontait tout ensuite en dénigrant ma copine, et quand je lui demandais, à ma copine, de faire attention à ce qu'elle disait à ma mère, elle me répondait avec tranquillité qu'elle savait bien qu'elle choquait un peu ma mère mais que cela ne faisait rien, et je n'ai jamais osé lui dire que ma mère passait une heure avec moi à décortiquer tous ses propos, j'avais peur de lui faire de la peine, et qu'elle ne me croit pas, ma copine, car à une époque elle avait commencé à m'expliquer que je ne devais pas en vouloir à ma mère, qu'elle m'aimait beaucoup à sa façon, ce dont je ne doutais pas, mais justement cette façon de m'aimer ne me convenait pas du tout, et elle m'emmerdait et je ne voyais pas comment me forcer à supoorter la façon de m'aimer de ma mère - ouf) mais ces mots de médisances, sont comme de petits coups répétés qui brisent, peu à peu, l'image que l'on a d'une personne, et quand en plus cette personne vous laisse tomber...
Je vois bien que je suis incohérente, mais je suis assez troublée par tout cela, aussi lojn que j'aille je suis poursuivie.
Les miasmes malsains de l'univers malade et torturé de ma soeur me poursuivent jusque là.
Quand je pense à cette étudiante en psy qui m'avait dit que je devais accepter ma soeur et que mon souci d'elle était en quelque sorte égoiste, comme si pour que je me sente bien il fallait qu'elle aitune vie plus conforme à mes critères, disons, bourgeois. Si j'avais été vraiment cool, j'aurais laissé ma soeur vivre dans son univers sordide en m'en détachant. J'ai beau de ne pas la voir, je me sens salie et atteinte.
Par ses manoeuvres, elle m'a séparée d'une amie, et j'en veux trop à cette amie, à qui je me confie depuis longtemps, pour revenir en arrière dans mon amitié. Quand je l'ai avertie de ce que faisait ma soeur et du danger de trop sympathiser avec elle, elle m'a traité comme une jalouse, sur le mode "tu veux m'obliger à penser comme toi mais je juge ta soeur seule..."Vas-y, juge-la seule... je lui avais dit qu'elle avait tort de laisser ma soeur et sa fille se fréquenter, on ne laisse pas une ado en contact répété avec une personne à ce point déséquilibrée. Résultat, ma soeur poursuit sa fille sur MSN de ses mensonges. Si mon amie avait eu un peu de respect pour moi, elle aurait pensé que je ne mentais pas, que non pas la jalousie, mais la lucidité inspirait mes propos.
Donc, j'apprends à la fois le comportement malsain de ma soeur, et je sais que cette amie n'en était pas une. Chouette.
Bon, je dois lutter, pour ne pas être envahie par la tristesse. Elle gagnerait. Ma soeur est comme une ombre corruptrice.
Une chose est sûre : depuis trois ans elle n'a aucun contact avec mes enfants. Il faut que cela continue.
Quel énorme, lamentable, et stupide gâchis.

Tout de même, écrire soulage.

1 commentaire:

Anonyme a dit…

Ou la la ! Quel embrouillamini !
C'est grave quand même tout ça, une ado ça peut être fragile, sans parler de ta soeur.
Je vois franchement pas ce que tu peux faire, à part écrire...
Je t'embrasse.