Nous invitons Emma et Stéphane le soir, parfois - souvent.
Avec leur fils (Antoine).
Il me faut être précise sur cette période.
Quand ils arrivent chez nous, c'est le soir ; nous les attendons ; tout est prêt : apéritif sur la table basse, repas.
Il convient de préciser que ma participation à la préparation de ces agapes est modeste, je suis plutôt consomatrice.
Les enfants tournent en rond en les attendant.
Toutes les portes fenêtres de la maison sont closes par des rideaux, sauf celle par laquelle ils entreront. Les enfants guettent. Autour de nous, le parc étend une nature simple, apaisante, tranquille : l'allée qui mène à la maison, l'herbe et le sable qui l'entourent, des oliviers et des eucalyptus, et puis palmiers, bougainvilliers, lauriers-roses. Le paradis existe, finalement, et c'est chez nous : coup de chance.
Ils arrivent : le visage souriant d'Emma apparaît, entouré de cheveux blonds et fins ; c'est une très grande fille, mince et fine ; parfois c'est Stéphane qui apparaît en premier, souriant. Ils se détachent sur le noir de la nuit, en nous font de petis signes.
La porte s'ouvrent, ils entrent, nous nous saluons, avec effusion, et en plaisantant.
Je ne me pose aucune question, c'est le troisième pays dans lequel je réside, j'ai rencontré de nombreuses personnes, tout est toujours très gai.
Quand le temps le permet, nous prenons l'apéritif dehors ; il n'est en revanche pas facile d'y manger. Nous sommes logés par la boîte, et la table extérieure est pourrie ; on ne peut guère y mettre que des verres. Acheter une autre table serait la solution, mais nous n'allons pas rester, donc nous n'achetons rien.
Le printemps est venteux, mais l'été paradisiaque. Un vent doux nous environne quand nous parlons dehors, sous les bougainvilliers. Des chevaux passent parfois. Très loin on entend le train, et le muezzin. Le temps pourrait arrêter de passer, et nous resterions là, à parler, rire et plaisanter.
Quand il faut être à l'intérieur, nous discutons, pelotonné sur les fauteuils et le canapé.
Emma et Stéphane nous trouvent formidables (toujours se méfier dans gens qui vous trouvent formidable). Chez nous, le vin est meilleur, la charcuterie de volaille aussi, les olives, le fromage, tout. Parfois du confit naît chez nous, du foie gras, du saumon, nous sommes merveilleux.
Je manque de vocabulaire et de temps, mais voilà l'idée : à ce stade-là tout va bien, pas d'anicroches, pas d'accrocs, tout est tranquille.
On peut se mettre à penser que la vie va suivre un cours tranquille, et que les semaines ponctués de week-end sympas vont se succéder.
mardi 22 janvier 2008
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5 commentaires:
Tu as vraiment eu raison d'ouvrir ce nouveau blog, cette façon de mettre à plat si justement, sans fioritures excessives, est passionnante.
Merci !
(Mais Zélie, est-ce que je peux l'ajouter à ma blogoliste publique, ou ça doit rester plus ou moins secret dans la mesure du possible ?). (Je t'appelle "Zélie" en guise de test, je crois que je ne vais pas m'y habituer... Tu crois que je peux signer mes commentaires comme d'habitude, en mettant mon URL et tout, ou ça introduirait des facteurs de risque ? Tu sais, les moteurs de recherche sont tellement sournois...)
Ce chapitre est très inquiétant : il me semble que les dernières lignes (malgré l'ironie d'une phrase comme parfois du confit naît chez nous, du foie gras, du saumon, nous sommes merveilleux : on devrait se tordre de rire en la lisant, mais en fait non, c'est tout le contraire !) annoncent de violents orages au paradis... !
Zélie, sans déc, tu nous couves pas un livre où un film par hasard?
Moi je dis franchement bravo c'est une fenêtre sur te temps qui s'ouvre avec tes posts! et tout est si bien décrit! tu devrais profiter de la grève des scénaristes à Hollywood ;)
Pablo : fais comme tu veux. On verra bien. Je ne peux pas fuir toujours.
M1 : Je couverais bien un livre franchement, mais j'écris trop vite là. C'est pas bien. Pas soigné. je trouve que ça aide à mettre en perspective. j'ai vu des trucs évidents, que je ne vpoyais pas :tous ces noms de femmes, par exemple, je me suis rendue compte que les epersonnes dont je parle sont des femmes, alors qu'il y avait des hommes aussi, mais finalement ils comptent moins, surtout que je ne les comprends pas toujours, du coup je vais en prler aussi ; mais en parler c'est y penser et voià que je me mets à penser aux maris, alors que là bas je m'en foutais, sauf certains avec qui j'étais copine.
Après je vois bien que je courais après les gens, c'est incroyable, du moins on dirait. Je passais beaucoup de temps à lire, ou à faire des trucs seule, et quand je le raconte, on dirait que j'étais tout le temps avec des gens.
Ensuite je remarque, encore plus que je ne l'avais déjà fait, que je suis dans une sorte de France mentale, alors qu'on n'est pas en France. Mais ça ça pose toute une série de questions : sur l'intégration, par exemple, dont j'avais déjà parlé dans l'autre blog. Mais je ne veux pas ne plus être française parce que je voyage.
Marrant.
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