vendredi 18 janvier 2008

erreurs

Je suis très contente de ce que j'écris, même si tout le texte devrait être retravaillé et sonne avec la légèreté d'un marteau-piqueur attaquant le béton.
Ces quelques messages m'ont permis d'apercevoir (avec, aussi, le passage du temps) les erreurs que j'ai commise et que je ne commettrais plus, qui ont fini par me dégoûter de la situation dans laquelle j'étais à l'époque.
De mon objectif premier dérivent tous les problèmes : car je voulais avant tout me faire des amies, m'amuser avec des gens. J'ai toujours procédé ainsi. Je rencontre toujours quelques personnes, puis d'autres, j'ai en quelque sorte en réserve des relations à peine rencontrées que je me réjouissais d'avoir encore à mieux connaître.
Etudiante, j'avais mes amis étudiants, mes amis du boulot, mes amis d'avant. Je passais rarement un week-end seule, et pourtant je n'allais que très peu à des fêtes : j'allais voir Bidule à la cité U, puis je passais chez quelq'un dans la 14 è, je rentrais chez moi et j'allais dormir chez un ou une autre, et ainsi de suite. Cela me paraissait un mode de comportement logique et inévitable. Je suis donc arrivée là aussi en me disant : bon, ici, il doit y avoir plein de gens sympas, trouvons-les.
Pourtant, déjà, en France, les relations étudiantes avaient commencé de se distendre : cela aurait du me mettre la puce à l'oreille.
D'autre part, j'arrivais dans un petit monde, un village, où l'apparence comptait énormément. Or, petite, distraite, ne disant pas bonjour aux gens parce que je ne regarde personne en accompagnant mon fils à l'école, sans portable, sans sac ou lunettes de marques, je n'avais pas l'apparence adéquate. Je n'étais donc personne.
Si je n'avais pas à ce point à coeur de rencontrer des gens, et si je n'avais pas été toute emplie de l'illusion que tout le monde était sympa, les choses se seraient mieux passées. J'aurais mécaniquement été moins déçue.
Ensuite, j'ai appris à prendre des airs ; j'ai pris de grands airs ; je me suis sentie assurée, du fait de mes hautes fonctions, et parce que je connaissais tout le monde. Je suis devenue un élément intégré de ce petit monde que j'avais trouvé pénible.
Et là je me suis rendue compte que cela ne servait à rien. Etre sûre de moi dans ce monde-là ne valait rien, pas une clopinette. C'était bien d'avoir acquis de l'assurance, mais cela ne me satisfaisait pas.
ça, c'est bien : avant, je croyais qu'avoir de l'assurance était la solution à tout. le jour où j'aurais confiance en moi tout ira bien.
J'ai appris à avoir une confiance en moi externe, si je puis dire ; à me dire, si vous voulez, que j'étais borgne dans un monde d'aveugle. C'est toujours mieux que rien, mais ce n'est pas tout.
Je sais inutile de recréer la même chose. Partout où on va, il y a des petits mondes ; ils ne m'intimident plus ; je n'ai plus besoin d'y chercher des amis. Inutile.
Donc je peux me concentrer sur autre chose.
Une leçon qui vaut cher, et quelle perte de temps.

7 commentaires:

M1 a dit…

L'erreur est humaine!
Beau post, je pense qu'on se retrouve tous plus ou moins tous dans ces lignes. Mais je n'ai jamais voulu acquérir de l'assurance par rapport à un monde ou à un autre, je reste moi même. Je préfère!

Anonyme a dit…

c'est vrai,je me retrouve toujours un peu dans chacun de tes posts.Je trouve qu'ils sont très sincères,et je trouve touchante ta quête de l'autre.
M1,pour rester soi même il faut déjà savoir qui on est,ce qui vous fait du bien,ce qu'on attend des autres et ce n'est pas si facile...

Anonyme a dit…

J'rajoute un truc:c'est pas du temps perdu,c'est vachement positif! :o)

M1 a dit…

Maq, je pense savoir qui je suis et ce qui me fait du bien, en tous cas je suis convaincu de le savoir! J'attend des autres de la sincérité, c'est déjà quelque chose!

Anonyme a dit…

M1, tu dis que tu n'as jamais voulu acquérir de l'assurance : parce que tu en avais, sûrement. Moi, je me sentais si lamentable, si bloquée, la gorge sèche, paralysée de timidité, incapable de penser devant un groupe de plus de deux personnes, que je devais vraiment progresser; j'ai progressé, régulièrement, tout au long de ma vie et quand je pense d'où je suis partie je suis très contente de moi. Mais je croyais qu'une fois l'assurance venue tout serait réglé. Je serais enfin à ma place au milieu des gens. Mais pas du tout. Je ne suis toujours pas à ma place. La timidité n'est plus là, mais l'ennui.
Maquettes : tu es sympa de dire que je n'ai pas perdu mon temps. n'empêche qu'il faut que je recommence. Tu dis que tu te retrouves dans mes posts, ça prouve que mon problème doit être, plus ou moins, commun à beaucoup de gens. je dis ça parce que plusieurs personnes me disent la même chose).

Anonyme a dit…

5.
J'apprécie le flash-back, la pause du récit, la méditation de la narratrice. Mais je ne suis pas tout à fait d'accord avec ses conclusions. "Prendre des airs" et "être sûr(e) de soi" n'est pas tout à fait la même chose, c'est presque contradictoire, je suis tenté de dire que le premier terme dément le second. Mais en fait elle le dit tout de suite : "j'ai appris à avoir une confiance en moi externe, si je puis dire". [Addendum. C'est vrai que ton dernier commentaire éclaire pas mal ce point]. Elle dit aussi qu'elle n'a plus besoin de chercher des amis dans les petits mondes qu'elle trouve au fur et à mesure... Mais là je sais très bien ce que'elle veut dire, parce que j'ai en tête ce que tu avais écrit sur l'amitié dans ton ancien blog, ou ce que tu disais dans un commentaire que j'ai retrouvé il n'y a pas longtemps, au hasard, dans un des blogs de G. ...

Anonyme a dit…

Ouh.. Le thème de l'amitié, si je l'aborde, ça va être dur. Je vais faire par étapes, déjà ce pays, et après on verra.