Maquettes aime bien les enfants? on va lui donner des enfants.
A la base, je n'ai pas une approche facile avec les enfants ; ce sont des personnes à part entière, et je n'avais pas de bons rapports avec les enfants quand j'en étais une.
j'ai tout de suite aimé les enfants de Martine, sauf Antony, mais cela n'a pas duré ; Antony regardait rarement dans les yeux. Dylan avait beaucoup d'humour, Kevin était un peu pleurard ; Antony semblait habité par une grande souffrance intérieure.
Ils jouaient comme je n'ai pas beaucoup vu d'enfant jouer, et je suis persuadée qu'ils fuyaient, au sens propre, la réalité familiale. Ils ont appris énormément à mes enfants. Les inviter, c'était savoir que la chambre d'enfant se transformerait en une dimension parallèle et que tous les objets de la pièce seraient utilisés. Les lits devenaient continents, ou destroyers nucléaires, ou planètes ; les tapis devenaient plages ; les coussins, châteaux. Ils divisaient en groupes ce qui pouvait servir de personnages, indiens, soldats du Moyen Age, Ninja, pompiers, paysans, et préparaient leurs camps après avoir fait des équipes. Magnanime, Dylan prenait volontiers les petits avec lui. Ils préparaient leurs mondes avec soin. Il fallait faire attention à ne pas piétiner un volcan ou une base secrète en rentrant dans la chambre. Ensuite, le combat commençait. Les choses duraient longtemps, et parfois ça finissait en bataille de polochons. Ils rangeaient les jouets avec bonne volonté ("Je bats mes enfants, Zélie, me disait Martine ; ce sont des enfants battus ; ils savent ce que c'est qu'être frappés par leur mère ; alors, ça, oui, ils obéissent" ; et je dois dire qu'ils obéissaient ; il n'y avait pas à leur répéter deux fois les mêmes choses ; elle me disait cela, et je n'arrivais pas à la croire : encore aujourd'hui, je veux bien penser qu'elle leur donnait des claques, mais rien d'autre ; ça ne colle pas - mais je me trompe peut-être).
Ils jouaient aussi dehors, grimpaient dans les arbres, se cachaient dans des recoins. je crois qu'ils ont été excellents pour mes fils, bien meilleurs que le fils d'Emma, disons, Franck (je lui ai peut-être déjà donné un nom, je ne m'en souiovens pas).
Franck était un enfant unique maniaque et élevé, le pauvre, par sa mère. Il ne supportait pas certaines choses; ses jouets devaient être rangés d'une certaine façon ; il frappait mon fils, le petit. Il disait qu'il était plus intelligent que les autres, et il devait le penser, car quand je l'ai eu comme élève, il est venu me poser des questions d'histoire pour me piéger (Zélie, tu sais ce qu'est la livre tournois? me demandait-il, et il complétait ma réponse, d'un air pion et sournois, avec le contenu des infos choppé dans Picsou Magazine ou un journal pour enfant ; j'hésitais entre l'exaspération et la pitié ; parfois sa mère m'appelait pour me poser les mêmes questions et m'expliquer un point d'histoire, auquel elle ne connaissait rien - mais j'anticipe). Il s'était à plusieurs reprises mis toute sa classe à dos en expliquant qu'il lisait beaucoup (c'était exact) et qu'il était donc plus intelligent qu'eux. A l'arrivée de mon fils il s'était jeté sur lui, et je sais que ces amitiés rapides sont le fait d'enfants isolés et solitaires, malheureux, qui vont systématiquement sympathiser avec le nouveau.
Et justement, il s'avéra qu'après quelques semaines, mon fils ainé allait plutôt vers Antony, précisément, délaissant Franck. Antony, et le fils de Pépette, devinrent les meilleurs amis de mon fils, et Franck, qui restait son camarade de classe, passa au second plan. Non sans jalousie.
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6 commentaires:
(...) disons, Franck (je lui ai peut-être déjà donné un nom, je ne m'en souviens pas). Mais enfin, tu devrais faire des fiches en bristol, dessiner des schémas sur papier, remplir des carnets de notes ! ;-)
(P.S. Aujourd'hui commence la Feria del Libro ; demain j'essayerai donc d'aller voir Eduardo Galeano entre 13.00 et 14.30. Les infos : elpais.com (ils font des recommendations de littérature espagnole ici) ; publico.es )
Ah, c'est ferié aujoud'hui chez vous, veinards !
Merci Zélie:)
j'aime écouter de la pièce d'a côté les jeux des enfants,les batailles de playmobils et maintenant les moments de grande concentration quand ils jouent avec les cartes japonaises que tu connaît peut être.
Ca me rends nostalgique...et pourtant j'étais plutôt solitaire.
Nous n'étions pas des enfants battus, mais nous jouions énormément et nous inventions aussi toutes sortes de monde. Nous lisions aussi beaucoup.
Je ne suis pas vraiment certaine que c'étaient des enfants battus. Je ne suis pas psy, mais je les trouvais drôlement sympa et cool pour des enfants battus. Mais peut-être en est-il toujours ainsi.
Maquettes : les miens, quand ils jouent aux cartes japonaises, poussent tout le temps des cris. Mais moi aussi, alors que jétais solitaire, j'adore avoir des enfants qui jouent à la maison.
Pablo : c'etait le dia de canaria, et j'ai pris l'avion ce jour-là !!!Tu as raison, je devrais faire des fiches, mais je suis trop paresseuse !
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