jeudi 13 janvier 2011

Encore Paulette

La fin d'un amour, ça n'est jamais gai. Je n'ai pas connu l'ex-mari. Peut-être Paulette avait-elle été folle amoureuse. Sûrement, même. C'était le genre de femme à suivre son instinct (jeune). Peut-être l'irénienne, disons, Mona, était-elle une monstrueuse sirène douée de charmes perfides. Ne l'excluons pas.
Toujours est-il qu'il y eut un moment où Paulette se retrouva, avec ses deux fils, son absence de diplômes et de qualification professionnelle, dans la même ville que son mari, sans emploi, sans revenus (ou très peu).

Un prof charitable la fit rentrer au collège, où elle bossa trois heures par jour. Pour compléter, elle faisait des ménages chez des français. Elle me raconta qu'à cette époque, elle comptait chaque pièce qui passait entre ses mains.

Son mari vivait toujours chez lui, avec Mona.

Leurs amis, pour la plupart, cessèrent de la voir, elle, surtout que sa situation matérielle difficile était pesante dans la petite communauté. Et quel meilleur moyen de ne pas penser à quelqu'un que de ne pas le voir. Ainsi, on ne culpabilise pas.

Leurs amis continuèrent à voir le mari, avec sa nouvelle femme, qui avait donc tout pris à Paulette. Ses fils alternaient la grande vie avec Papa et la dèche avec Maman.

L'année suivante, l'ex-mari fut muté ailleurs et Paulette obtint six heures au collège.

2 commentaires:

Valérie de Haute Savoie a dit…

Ce genre de situation me révolte. Je me souviens, lorsque j'ai appris que mon mari avait une double vie, m'être dit que je devais en urgence trouver non seulement un emploi (j'avais dû arrêter pour soigner mon fils) mais en trouver un qui m'apporte quelque chose, (ne jamais devenir aigrie et malheureuse parce que son compagnon en aime une autre).

Zélie a dit…

Oui, cette situation est terrible, ça a du être terrible pour elle. En plus, comme on dit, "les gens peuvent être si méchants" dans une petite communauté : pitié, mépris, satisfaction secrète (elle l'a bien cherché...). Mais si c'est la perte de l'amour de son mari qui l'a blessé, elle l'a en tout cas bien caché ; moi, j'ai l'impression que c'est plutôt l'humiliation sociale au sein du groupe (rendue d'autant plus difficile à accepter par le fait qu'elle adhérait totalement aux idéaux du groupe - si elle avait été un marginale fantasque, elle aurait pu mieux vivre la chose) qui lui a été pénible. Tu verras pourquoi. En même temps, c'est ce que je trouve intéressant dans son histoire.