Donc, quand j'arrivai au collège, j'étais française, mais pas tout à fait prof (ni certifiée ni agrégée), pas titulaire, et en plus je faisais partie du comité des parents du primaire. Brrr.
A l'époque, j'avais encore de gros restes de timidités, j'avais progressé dans la façon de la surmonter. Je surmontais donc tout, ce qui m'évita de rester plantée dans un coin comme une gourde, mais l'atmosphère était pesante. Elle ne cessa jamais vraiment de l'être, même si je m'y habituai.
La salle des profs était un réduit de quatre mètres sur deux, avec un petit canapé, deux chaises, une table avec un PC, un frigo et un bureau. Quand j'arrivais, et que je dis bonjour avec un enjouement tout mécanique, les profs qui se trouvaient là ne parlaient pas vraiment. Il y avait entre eux une sorte de faux entrain, de sympathie superficielle, on sentait parfaitement que les mots échangés n'étaient que de surface. Lorsqu'une nouveau arrive dans une ambiance comme celle-là, il sent bien qu'il y a quelque chose à détecter, mais quoi?
Une évidence : la directrice était folle. Elle hurlait ; faisait des mines : on aurait dit la Catasfiore, mais en aigrie. A l'occasion, elle lançait des critiques sur les arabes : elle avait deux ou trois "amies" intellectuelles de la ville, donc irénienne, cette amitié avec des arabes particulières lui permettait de critiquer les arabes en général, avec uns surprenante absence de scrupule. Elle soupçonna constamment l'homme à tout faire de voler ; elle se trompait : il ne volait pas, c'était un bien trop petit personnage dans le rang de l'école. Le portier, personnage clef, caressé par les parents, se tenait constamment à la limite de la légalité selon le règlement de l'école. Mais il le faisait avec habileté et elle ne s'en rendait pas compte ; les soupçons qui pesaient sur Habib, l'homme à tout faire, étaient donc d'autant plus blessants qu'il savait qui commettait les malhonnêtetés et qu'il ne pouvait pas le dire, sans quoi le gardien le lui ferait payer.
Elle était comme cul et chemise avec Paulette, personnage extraordinaire qu'il faut présenter en détail. Paulette, quand j'arrivais, fut odieuse avec moi, comme je l'aid éjà dit, avant de devenir adorable la deuxième année, sucrée et milleuse, attitude dont, à quelques exceptions près, elle ne se départit plus à mon égard.
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1 commentaire:
Ce genre de personnes détestent ce qu'elles sont à la base et sont odieuses avec elles mêmes avant de l'être avec les autres!
j'ai eu l'occasion d'humilier un tel personnage, lors d'une réception, qui ne me connaissant qu'a moitié, ne se doutait pas que j'étais arabe ;)
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