mardi 1 juillet 2008

Zélie

Je me demande quelle était exactement ma relation avec tous ces gens...

Je suis naïve, par certaines côtés, et pourtant je ne le suis pas. Je m'adresse aux gens avec sincérité et parce que je suis curieuse de les connaître, je ressens pour eux parfois une certaine affection mais j'ai du mal à aimer rapidement les gens. Une tournure d'esprit regrettable me fait aimer les gens après les avoir connu.

Dans ma curiosité, que j'essaie d'enrober de gentillesse, parce que j'ai un peu honte, il y a surtout de la curiosité, justement : je suis une ancienne solitaire isolée, élevée à part, dans une bulle, qui tente éternellement de comprendre les monde des autres - le "vrai monde".

Emma m'a épaté, vraiment, je suis tombée dans son panneau, comme Si Mohammed, d'ailleurs, et d'autres personnes, mais j'avais plus d'admiration pour sa tonicité que d'affection pour elle ; quand j'ai vraiment pris conscience de ses mensonges, j'ai été déçue, j'ai déjà dit que cela remettait en cause la vérité de notre relation, mais notre relation était partiellement affectée, ´'était l'une de ces relations un peu forcées entre français de l'étranger.

Martine avait jeté son dévolu sur moi, et je me suis laissée faire, parce que ses enfants étaient sympas, et que les miens s'entendaient bien avec eux. Elle parlait d'amitié avec lyrisme, et je la laissais dire, en me disant qu'elle était du sud, et qu'elle exagérait. Un jour elle m'a présenté la note : à plusieurs reprises, même, et par mauvaise conscience je me suis laissée faire (un peu comme ici, sur cette île, où j'ai rencontré aussi une dame qui est "mon amie") : j'aurais pu être très dure et lui dire tout d'un coup que nous n'étions pas amie comme elle le croyait, mais cela aurait été une sorte de déclaration de guerre et je voyais bien les relations hystériques qu'elle bâtissait avec ceux qu'elle se mettait à détester : par exemple, elle se battit un jour avec Pépette... Cela manquait d'élégance, et je préferais une attitude plus neutre, plus distante, peu soucieuse de mettre sur les i des points qui auraient fini en paire de claques. D'ailleurs ç'aurait été injuste : on avait passé de bns moments, on avait ri, on s'était baladé, on ne pouvait pas en conclure que nous n'étions pas amies du tout, ce n'était pas aussi simple... Il y avait une foule de choses que je ne pouvais faire qu'avec elle.
Cependant, Martine isolée aurait eu besoin d'exhiber notre amitié comme une preuve qu'elle pouvait être amie avec des gens très bien. Cela me gênait, car d'un autre côté j'aurais eu à me brouiller avec des gens que je connaissais peu, mais à qui je n'avais rien d'autre à reprocher que des défauts que Martine avait aussi : le goût des apparences, un snobisme vulgaire, leurs 4x4 ....
Je devais donc louvoyer. Extérieurement, je feignais de ne pas très bien voir les problèmes de Martine avec tout le monde. Je travaillais, et j'étais trop occupée. Dans mon for intérieur, je savais que je laissais croire à Martine que nous étions amies, contre les autres, mais que ma position m'obligeait à la neutralité.
Mais j'étais un peu prise au piège, tout de même : Martine s'attendait à certaines réactions de ma part, et quand je ne les avais pas elle m'en faisait grief : je lui avais dit que si mon comportement ne lui plaisait pas, il lui fallait en conclure que nous ne nous entendions pas si bien que ça : mais elle refusait de l'admettre. Nous étions amies, elle le savait. Mes réactions erronnées selon elle s'expliquaient par une mauvaise perception que j'avais des choses. ELle savait que je finirait par voir les choses comme elle.
Cette façon de penser m'énervait.
Simultanément, sa naïveté me touchait. Elle me racontait qu'elle se visualisait dans une belle et luxueuse maison marocaine, avec une cour intérieure, et qu'elle savait qu'elle finirait par avoir une maison comme cela. Il faut vouloir, me disait-elle, et après ce que l'on veut vraiment est exaucé. J'étais d'accord avec elle, mais je pensais qu'il faut aussi avoir une volonté active... Cette facette de sa personnalité me touchait. Elle vivait comme dans un rêve. Il y avait en elle quelque chose d'une princesse de conte de fée, une sorte de Cendrillon qui croyait dur comme fer qu'à condition d'y croire le prince charmant viendrait. Je n'osais pas lui dire non.

6 commentaires:

Anonyme a dit…

Ah, tu réponds si bien à une question que je m'étais posée l'autre jour, en commentaire à un de tes billets sur Martine : la nature de l'amitié, et des relations humaines en général, est si compliquée... Et tu écris de façon éblouissante sur des sujets si épineux et si tristes au fond...

M1 a dit…

Présenter la note de l'amitié.. c'est tellement ça!

Anonyme a dit…

Oui, si quelqu'un peut m'"expliquer comme ça vient, comment ça se définit, l'amitié, et pourquoi elle s'en va... Il n'y a pas d'amour, iln'y a que des preuves d'amour, pareil pour l'amitié, il faut prendre au moment où, et refuser de croire qu'il y aura un lendemain.

Anonyme a dit…

voilà,tu as écrit le mot que je cherchais!
Sincérité.
Ben c'est tellement rare que je trouve ça précieux.Même s'il faut payer le prix.
Les gens vrais ça court pas les rues,pourquoi on perds ça en vieillissant(en grandissant),c'est un truc que je n'ai jamais compris.
Trop de calculs et je suis nulle en calcul! :o)
Zélie,ce que tu dis dans ton com est très sage mais c'est difficile!

M1 a dit…

Je n'ai jamais cherché à définir l'amitié, ni a connaitre son prix, elle est inestimable mais elle doit rien nous coûter. L'amitié nous demande de nous investir, mais nous ne devons pas chercher un retour sur investissement, sinon ce n'est plus de l'amitié.
Tout ce que je sais c'est que les amis, les vrais, on les reconnait a certains moments de la vie...

Et voila que je commence a faire du JCVD!

Anonyme a dit…

je voudrais bien être amie avec JCVD,il à pas un facebook par hasard? :o)